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 Se trouver des points communs dans le chaos, une bonne chose? [Pv : Eric]

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Lo sapete, sono il capitano.

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MessageSujet: Se trouver des points communs dans le chaos, une bonne chose? [Pv : Eric]   Lun 5 Déc - 9:33

Je ne sais pas s’ils sont forts, discrets, douloureux ou joyeux. Je ne comprends pas s’ils sont peu, énormément, de plus en plus nombreux ou disparaissant.
Je sais simplement qu’il y a des cris, des mots tout du moins. Des voix qui se coupent, s’entrechoquent, se retrouvent et s’expriment. Je ne les explique pas, je ne les analyse pas. Incapacité ou volonté ? Aucune idée, qu’est ce que ça change ?
Je suis en train d’y passer ;

Samantha est allongée dans ce lit d’hôpital depuis une heure à peine, l’opération à soit disant réussie, et pourtant mon amour reste froide, blanche, fermée. Mourante. Elle s’éloigne de moi un peu plus chaque instant et ma respiration devient de plus en plus difficile. Je perds la vie en même temps qu’elle et quand elle rendra son dernier souffle ? Que deviendrais-je ?
J’essuie mon regard d’un geste violent de la main, d’un revers de manche salie par nos sangs mêlés et j’erre dans ces couloirs ou le bruit m’est toujours indescriptible.
Eleonora est venue, je viens tout juste de me séparer d’elle et je l’avais déjà oubliée. Tout me semble lointain. Dépassé. Tout a eu lieu il y a des lustres. Tout, sans exception. J’avance sans le moindre repère dans une foule qui ressent sans doute autant de haine que de douleur, mais il m’est impossible de le réaliser.
J’ignore ce qui se dit. Je sais juste qu’il y a du bruit.

Titubant péniblement dans ce virage bondé de blessés, je plaque ma main contre le mur et grimace sous la douleur que mon bras provoque. Cette sensation me ramène péniblement à une réalité écœurante.
Sam n’est pas la seule atteinte. Ma ville est à feu et à sang. Je serre la mâchoire avec hargne, retenant larmes ou cris que sais-je, et je continue ma traversée de cet enfer, ignorant les mots que je comprends peu à peu…

« Enfoiré ! Sal*p ! J’ai perdu ma fille ! Ou est mon père maintenant ?! Fête catastrophique ! Responsable ! Monstre !... »

On dirait que certains essayent de m’attraper, comme tout à l’heure dans la chambre de Samantha, ces énervés qui sont entrés me faire la peau. Mais il y a bien trop de monde et ils préfèrent – je crois – s’occuper de leurs blessés.
Mes pas ont du accélérer sous cette espèce de peur, de honte que je ressens et encore très affaibli – physiquement comme psychologiquement – j’ai du mal à contrôler tous mes gestes, à me faire ordonné.

Je ne l’ai pas du tout vu venir, je crois que l’angle nous a dissimulé l’un l’autre. Toujours est-il que nous nous sommes assez violemment rentrés dedans et je me retiens à nouveau au mur pour ne pas tomber en arrière.
Un réflexe assez humain me ramène définitivement sur Terre et je place un regard attentif sur cet homme qui semble aller « bien. »

« Je m’excuse je n’vous avais pas vu, ça va aller ? »

J’aurai vraiment préféré rester perdu dans mon monde à moitié inconscient. Désormais les bruits me viennent avec perfection, la douleur également et la conscience de ce qui se passe vient me faire signe avec cynisme…

J’inspire profondément et replace mon attention sur ce type que je crois ne pas connaitre. A vrai dire je n’en sais rien, j’ai déjà précisé ne pas être doué pour retenir le visage de mes connaissances. Je lui souris maladroitement dans ce contexte terrible et je reste solidement accroché au mur, pas certain de pouvoir marcher.

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MessageSujet: Re: Se trouver des points communs dans le chaos, une bonne chose? [Pv : Eric]   Lun 5 Déc - 22:11

La rapidité avec laquelle j’avais été réquisitionné m’avait laissé sans voix.
A peine le temps de réaliser, de revoir Kate s’engouffrer dans le bar et j’étais déjà propulsé vers une ambulance, les bars d’un brancard entre les mains, direction l’hôpital.

Une effervescence épuisante faisait de c e lieu la suite logique de la scène d’attentat.
Une fourmilière ne devait pas être plus animée.
Cela circulait dans tous les sens, criait, appelait, comme dans un ballet tragique ou chacun tourne sans véritablement trouver sa place.

Seul le personnel soignant semblait garder son calme. Apparent de toute évidence, mais d’une efficacité sans bornes. Chez eux, ou une agitation régnait également, pas de désordre. Tout était orchestré, chacun jouant son rôle sans exagération.

Je suivais le mouvement, aidant sans me poser la question de mon efficience.
Cela m’évitait de trop penser.
Je ne cherchais même pas à le faire, l’angoisse de ne pas savoir avait distillé assez de son venin pour me persuader de mon impuissance.
Je ne pouvais que rester ici, car c’est le seul endroit ou elle pouvait arriver, enfin presque. Elle pouvait chercher après moi également, ou ne plus pouvoir rien chercher du tout. Dans ce cas ce n’est pas ici qu’elle serait dirigée.
Mieux valait donc que je ne pense pas.

Je ne cherchais pas non plus à mesurer le temps qui passait ni à évaluer l’intensité des cris.
Rien.
Je ne faisais rien.
Je n’étais plus rien.
Avant même d’avoir été.

Et pas d’explications, pas de sens à ce désastre, pas de responsable à abattre.
L’organisateur peut être.
Une cigarette…j’en ai pas, normal je fume pas, plus…mais j’aurais bien fumé.
Ou une bière. Oui, avec de la mousse et les perles de fraîcheur qui glisse sur le verre.
Ou…la tête vide j’avance, ailleurs…sans elle.

A peine ai-je réagi à la bousculade.
J’entends vaguement un homme s’excuser, qui s’inquiète de moi.
Ca va aller ?
Très bonne question..j’en sais rien, j’ai pas la réponse…mais si je reviens en deuxième semaine, peut être saurais-je…ou pas.
Je m’arrête me retourne et regarde le type, poussiéreux, rougi de sang.
Il sourit, appuyé contre le mur, épuisé et hagard.
Je sais même pas si je dois m’intéresser à lui, pour ce que ça changera.
Puis machinalement sans doute, sans trop savoir, je marche dans sa direction. Après tout on peut sans doute creuser ensemble le trou de notre solitude.

« Je sais pas… et vous ? »

La platitude de ma réponse illustre bien ma réalité.
Paumé tout seul, me revoilà paumé à deux.

« On s’assoit ? »

Plus prés de lui, je peux mieux le dévisager, traduire les marques de l’événement sur son visage, qui me devient plus familier.

« Vous être le Maire, hein ? » bougonnais-je en m’asseyant.

Comment les choses peuvent prendre bêtement une autre dimension quand les épreuves subies abattent les barrières que la vie moderne n’arrête pas d’ériger entre les individus.
Quand face à vous se tient l’organisateur, humain sans ressources devant l’atrocité du moment.

« Terrible, hein ! Ignoble même…vous êtes blessé ? »
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MessageSujet: Re: Se trouver des points communs dans le chaos, une bonne chose? [Pv : Eric]   Mar 6 Déc - 17:58

Mes sourcils se froncent alors qu’une réponse se fait désirer, et quand enfin elle arrive je penche légèrement le visage sur le côté et prends quelques secondes pour dévisager cet inconnu… Il ne sait pas ?
Voyez-vous, je crois qu’il n’aurait pu formuler réponse plus logique, plausible.
Comment savoir ce que l’on ressent lorsque l’on vient de vivre un drame qui dégage un parfum d’incertitude ? Peut être est-ce là une conclusion hâtive mais à en juger par sa réponse et l’air déphasé qu’il affiche, j’en déduis que malgré les disparitions de la soirée, celui-ci n’est pas persuadé de compter une perte parmi ses proches.
Peut être est-il ici dans l’espoir de trouver un blessé…plutôt qu’un vide insupportable.

« …ça va. »

Je mens mal, mais le ton de ma remarque ne cache de toute façon pas l’hypocrisie de celle-ci. Ça va comme on peut aller quand on se trouve en suspend au dessus d’un abysse infernal.
Mes doigts se détachent lentement du mur qui me soutient et sans réellement comprendre pourquoi, je m’installe sur l’une des chaises installées bien maladroitement dans le couloir. Mon regard est encore perdu et flou ; je fixe tour à tour le sol, ma chemise rougie par le sang de Sam puis ma montre, comme si elle était en mesure de me rassurer.

Finalement c’est encore cet inconnu qui me tire de mes rêveries absurdes et machinalement j’acquiesce pour confirmer ses dires. Je suis le maire oui ; en effet…Et alors ? Il n’a pas d’insultes à crier celui là ? Étonnant.
Bizarrement j’en viens à esquisser un maigre sourire, fragile et discret certes, mais sourire quand même et je hausse les épaules.

« Je le suis encore à l’heure qu’il est oui. Mais qui sait de quoi sera fait demain… »

Surtout suite à ces évènements sanglants. Je suis surpris de ne pas être plus atteins par la phrase que je viens de prononcer ; il faut croire que mes priorités et mes intérêts ont véritablement changés depuis quelques mois.
Je ne serai de toute façon pas maire pour toujours…Les citoyens finiront bien par se lasser je crois d’ailleurs que ces « feux d’artifices » si je puis me permettre telle comparaison, signent la fin de mon parcours politique…

« Non…Euh, si un peu au bras, trois fois rien. »

Je ne sais plus, de toute façon quelle importance. Je me demande même si sa question n’est pas simple politesse.
Je l’observe à nouveau sans grande discrétion et ne remarque aucune plaie trop grave. Il n’était pas à la mairie, ça j’en suis certain. Etait-il seulement dans un des trois lieux attaqués ? Je ne peux le savoir, cependant quelque chose me dit que quelqu’un qu’il connait s’y trouvait…C’est certain.

« Vous êtes venu soutenir des proches ? »

Plutôt indiscret et carrément direct ; je n’essaye pas de camoufler la triste réalité derrière une formulation diplomatique. Chaque chose en son temps, je crois que je préfère me faire un peu maladroit qu’hypocrite ; je ne cacherai pas le chaos derrière des mots insultants.
Sans connaitre cet homme j’espère pourtant qu’il ne traverse pas une épreuve aussi dure que la mienne. Hélas si j’en crois ce que Eleonora m’a dit, il y a de très nombreux décès…





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MessageSujet: Re: Se trouver des points communs dans le chaos, une bonne chose? [Pv : Eric]   Sam 24 Déc - 22:03

Il a l’air surpris.
Ben oui, j’ai le droit de pas savoir.
En plus l’environnement ne prête pas à la réflexion.
J’allais dire « ça grouille de vie » autour de nous, alors que c’est plutôt la non vie qui domine, avec son odeur qui se voudrait aseptisée et parfumée aux effluves de l’espoir.
Mais ça pue la trouille, l’angoisse et la colère, pour ceux qui savent.
Ceux qui savent pas la ferment, se font oublier comme pour ne pas conjurer le sort.

Il a pas l’air folichon le Maire.
Il m’a pas répondu mais je l’ai reconnu.
Il fait tout pour être vu habituellement et il n’ a pas manqué de « communiquer » sur l’événement, mais là il à l’air vraiment sonné, doutant qu’il soit encore à occuper sa fonction dans les temps à venir.

D’ailleurs il n’est pas là, pas avec moi, ou alors par bribes.
Ca me convient bien parce que moi aussi je suis là en pointillé, tiret point espace, du morse sans signification.
Et de temps à autre ses bribes heurtent mes pointillés ce qui donne un semblant de communication. Du tragi comique à en pleurer tellement c’est banal deux mecs paumés...presque un dialogue de sourd ou d’ivrognes.

« Non…Euh, si un peu au bras, trois fois rien. »
« Vous devriez le faire voir...vous avez l’air de souffrir…je peux regarder si vous voulez »

C’est vrai ça peut s’infecter une blessure mal soignée...et puisque je suis là à rien faire, autant me rendre utile.
Machinalement je me mets accroupi à ses cotés et entreprends de dégager son bras des vêtements qui le couvrent.

« Le maire c’est lui qui marie les gens… ? »

Je le laisse un instant, cherche dans la pièce ou se trouve stocké le matériel et finit par trouver un flacon de désinfectant entamé et quelques compresses.
Je nettoie comme je peux la chair blessée et tuméfiée et pose les compresse dessus.

« Maintenez-les du mieux que vous pourrez… » et je m’assois à nouveau dans mes pensées et sur la chaise branlante.
Je sens son regard sur moi.
Suis-je à ce point une bête curieuse pour susciter une telle observation.

*Monsieur Eric Mattesson acceptez vous…..Mademoiselle Kate Ambrosio accep… mari..femme…
Tournez manège et vogue la galère, attention mesdames et messieurs dans un instant ça va commencer…oui je le veux…ding ding dong*


« Vous êtes venu soutenir des proches ? »

*des proches...soutenir…quelle drôle de question que cette voix me pose*

« On peut dire ça comme ça…
Mon regard est vague
Nous allions nous marier…
Perdu dans nos promesses
C’est vous qui mariez les gens, hein ? »

Devant moi un abîme s’est ouvert.









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MessageSujet: Re: Se trouver des points communs dans le chaos, une bonne chose? [Pv : Eric]   Lun 26 Déc - 22:24

Ailleurs ; je crois qu’il n’y a pas d’autre mot. Il est ailleurs, complètement. Sans doute affligé, blessé, que ce soit physiquement ou non, cet homme au visage sombre porte les marques de la douleur et étrangement, ça ne m’étonne guère.
Je suis sans doute dans le même état, du moins je le suppose car j’ignore totalement de quoi sont faites ses plaies, si elles ont réellement rapport avec les attentats qui viennent de tomber sur Vérone ;
De mon côté je sais que la fatigue et la douleur présentes malgré tout sont discrètes voir effacées tandis que l’anxiété grandie à une vitesse désolante.
Sam est entre la vie et la mort et c’est un peu comme si, chaque seconde, cette information me revenait ; ajoutant chaque fois un poids conséquent à mes maux déjà présents.

La voix grave de l’inconnu me sort de mes pensées une fois encore – sans doute suis-je incapable de me trouver dans notre monde sans l’intervention de quelqu’un – et je laisse un regard neutre et blasé courir une seconde sur mon bras.
Le faire voir ? Mais à qui ? Les gens ici sont débordés et puis Chiara a déjà chargé un collègue de me soigner…hum, collègue que je n’ai pas franchement écouté et mon bras s’est remit à saigner dès que j’ai quitté la chambre de Sam.

« Non ça va, ce n’est rien… »

Mais je n’ai pas l’occasion d’argumenter ma « défense » car l’homme se met en place pour s’occuper de moi.
Je sors alors de cet espèce d’état rêveur – ou plutôt cauchemardesque – réalisant que ce type, si affligé soit-il est là en train de me venir généreusement en aide sans autre forme de politesse que la gentillesse même.
Je suis étonné…qui est-il ? Je ne le connais pas j’en jurerai et ce sentiment d’être passé à côté de quelqu’un vraisemblablement si solide face au chaos créer une certaine amertume au fond de mon cœur.
Brave homme que voilà, je le regarde faire et si moi je suis sorti de l’état décalé que produit le choc, celui-ci subit encore lourdement le drame.
J’acquiesce avec insistance, ne pouvant m’empêcher d’afficher un certain sourire. Si ce n’est moqueur, au moins amusé. Je sais pourtant, rien n’est drôle dans cette situation mais permettez moi d’utiliser l’excuse des nerfs qui, si solides puissent-ils être parfois, ici ont cédés.

« Eh bien, oui c’est moi en effet…Est-ce que…Est-ce qu’elle va bien ? »

Je me mords la lèvre réalisant que ma question aurait pu être « Ou est-elle ? » « Que lui est-il arrivé » ou « Se trouvait-elle sur les lieux d’un des attentats ? », c’aurait été maladroit et bancal de la poser. Enfin, maintenant que c’est fait je ne vois rien d’autre à faire que de grimacer avec une mine fortement désolé…
Je ne sais rien de lui, de sa fiancée – car je suppose que si l’idée du mariage lui vient, c’est qu’il en a une – je ne sais rien non plus de ce qu’ils ont tous deux vécus durant la dernière heure, je sais simplement que poser une question si directe, soudaine et indiscrète n’était pas judicieux.

En fait je crois que je ne veux pas avoir de réponse;
Il souffre et si ma douleur porte un nom ou du moins un contexte, j'ai l'impression que la sienne est flou et donc d'autant plus insupportable.
Préférant ne pas l'entendre donc, je pose ma main sur son épaule et toujours avec beaucoup de désolation dans le regard je tente de me faire utile...En vain, je me doute mais le geste compte...un peu, non?

« Écoutez si je peux faire quoique ce soit je, un coup de fil une voiture n’importe quoi dites le moi. Je peux contacter le capitaine des pompiers ou vous faire déposer quelque part si votre place n’est pas ici…Monsieur ? »

Abrutit, je tente une seconde de me mettre à sa place et, dans mon impulsivité si personnelle et affolée, je comprends que j'aurai rejeté n'importe quelle aide avec violence.
Qu'en est-il de sa réaction?..



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MessageSujet: Re: Se trouver des points communs dans le chaos, une bonne chose? [Pv : Eric]   Lun 2 Jan - 21:01

Enfin une réponse.
Il marie bien les gens le Maire.
C’est pas compliqué tout de même de répondre à une question simple.

Peut être a-t-il répondu parce que je l’ai soigné. Enfin soigné est un bien grand mot.
Occupé de lui est plus exact, comme je l’ai fait auparavant pour je ne sais combien d’inconnus.
Des soins pas forcément efficaces, mais pas nocifs non plus, sur un plan strictement médical, mais ce dont les gens ont le plus besoin à l’heure actuelle c’est que l’on s’occupe d’eux.
Peut être que le soutien apporté n’est pas à la hauteur de leurs besoins, mais il permet de faire une pause, d’être un court instant pris en charge et ne plus se sentir abandonné.

Cela me permet aussi de ne pas penser à ma propre détresse, mais cela a un cout : plus dur sera le retour à la réalité.
Mais lui, le Maire, je le sens identique à moi, enfin capable de s’en sortir sans trop de dommages, alors je jette un peu le masque de celui qui est fort et laisse mon esprit s’aérer, divaguer.

« Même posthume ? »

C’est pas du pessimisme c’est du réalisme.
Après tout cela fait déjà plusieurs heures que tout a pété et compte tenu de l’endroit ou elle se trouvait à ce moment là, soit elle est déguisée façon puzzle et parle déjà à Saint Pierre, ou bien si elle est vivante elle doit être dans un état pitoyable, perdue à jamais dans les méandres de l’inconscience.

Donc si elle va bien j’en sais fichtre rien, merde alors !

« Mais si elle est pas morte mais tout simplement dans les vapes, enfin dans le coma..on peut quand même se marier ? »

Il me regarde, mais je me demande s’il ne me trouve pas un peu fou, déjanté.
D’ailleurs je le suis un peu je crois, il n’a pas forcément tort.
Il pose sa main sur mon épaule et son regard semble me dire « mon pauvre vieux, t’es franchement mal barré » et je crois bien que mes questions ne vont pas lui permettre de penser autrement.
Dans la foulée, enfin en un enchaînement fortuit car il ne sait pas trop comment s’y prendre, il me propose un coup de main.
Les pompiers, une voiture, et chose bizarre me faire déposer ailleurs « si ma place n’est pas ici ».En insistant de façon interrogative sur le Monsieur ?

J’ai du mal m’expliquer…ou pas m’expliquer du tout...ou alors il est plus à l’ouest que moi et capte rien.

« Et je ferais quoi ailleurs, hein ? Vous y êtes ailleurs vous, non. Alors pourquoi je devrais y être moi.
J’attends ici et les pompiers peuvent venir je partirais pas avec eux et vous savez pourquoi ? Ben tout connement parce que j’ai pas besoin d’eux. »


Bon je m’énerve un petit peu là, mais faut me comprendre aussi.

« Je sais pas ou elle est, alors partir ne me servirait à rien…vivante elle arrivera ici et si je pars je risque de la rater, vous comprenez ça… ? Et vous pourquoi vous restez ici ? Par obligation politique ou bien vous avez aussi un proche de blessé ? »

J’étais un peu paumé et sa proposition m’a remis un peu sur les rails.
Je me souviens subitement qu’il a lourdement insisté sur le Monsieur , signe évident que mon identité l’intéresse et je m’entends lui répondre :

« Kate…elle s’appelle Kate Ambrosio. »

Les rails sont encore de travers apparemment.
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MessageSujet: Re: Se trouver des points communs dans le chaos, une bonne chose? [Pv : Eric]   Mer 4 Jan - 13:55

« Même posthume ? »
Quoi ? Je crois que mes yeux s’écarquillent suite à sa question qui rend son visage et le ton de sa voix plus affligés encore… Je ne me suis visiblement pas trompé ; cet homme qui tient à épouser la femme de sa vie – sa fiancée sans le moindre doute – ne sait pas ou elle se trouve à l’heure qu’il est.
Les attentats vont bouleverser, transformer, déchiqueter, souiller et ébranler plus d’une vie mais étrangement je refuse que celle de cet inconnu soit malmenée. Peut être parce que j’ai pitié de l’air qu’il affiche, peut être parce qu’inconsciemment j’ai compris que nos maux n’étaient pas si distincts, peut être encore parce que quand mes yeux se perdent dans les siens ils lisent plus de détresse que je n’en ai jamais vu…
Il l’aime plus que de raison. Il l’aime peut être autant que j’aime Sam et si moi je la sais entre de bonnes mains, il est séparé de son amour pour des raisons trop douloureuses pour qu’elles soient évoquées.

« …J’vous en prie calmez-vous…Si elle est dans le coma elle en sortira et… »

Et, et rien. J’ai parfois envie de me foutre une bonne baffe – malgré la fierté que j’ai pour ma personne et mon égo relativement démesuré – afin de corriger mes faux pas ou du moins ; de mes les faire payer.
Non, le mariage posthume n’aura pas lieu. Je le refuse : elle n’est pas morte ! Merde alors comment le destin peut-il se permettre de jouer si sadiquement avec nos nerfs, nos corps et nos cœurs !
Ma mâchoire se serre assez violemment tant l’histoire que je me contente de deviner me touche…Combien de couples vont encore être brisés ?

« Non vous avez raison…Il est plus judicieux de rester ici car elle va revenir. »

Bah voyons. Puis-je faire pire que de démontrer ma pitié et de le nourrir d’espoirs qui ne dépendent en rien de moi ?
La douleur de mon bras avait quasiment disparue mais elle revient en trombe comme un retour de plus à la réalité en cette journée. Mon regard ne peut rester posé sur cet homme tant je me sens mal à l’aise à dire les pires sottises qui me viennent à l’esprit.
Il aurait peut être mieux fallut qu’on ne se croise pas, qu’il s’isole et subisse tout ça sans avoir à supporter les malhabiles remarques des autres…

Ma main se retire de son épaule pour venir enserrer la douloureuse mienne comme si ce geste pouvait apaiser le mal, ne serait-ce qu’un peu. Bien entendu la tentative est vaine et ça n’est en rien une surprise mais je crois que si physiquement elle n’arrange pas mon cas, c’est psychologiquement qu’elle a un léger effet.
J’aimerai tant pouvoir la tenir là dans mes bras. Laisser nos souffles se mêler et nos yeux se pleurer tandis que la petite force de ses doigts s’exprimerait dans mon dos…
Les médecins feront leur possible je n’en doute pas ; mais cet homme – toujours inconnu – doit supporter l’impuissance la plus totale, la justice de la nature parfois si injuste, le jugement du hasard si sarcastique.

«… Comment ? »

Voilà une réaction discrète comme je les aime. Qu’est ce que je peux être stupide. Enfin qu’importe, j’ai posé ma question mais une réponse ne me sera pas utile. J’ai très bien entendu !
Ce type est le compagnon de Kate Ambrosio ? Non, attendez, la nièce de Valentino ? Mais depuis quand a-t-elle un fiancé ?! Kof, ça n’est pas ce détail qui m’intéresse je m’en fiche plutôt pas mal de sa vie privée ; ce qui m’inquiète ici c’est tout simplement : sa vie.
Je secoue la tête en poussant un soupir que je ne cherche même pas à retenir.

C’est Vérone entière qui est violée, abusée, frappée.
Des plus humbles citoyens aux personnalités les plus mafieuses en passant par les agents-doubles aussi doués soient-ils…je vois tous les citoyens de ma ville se heurter à un problème commun ;
La haine qui s’empare de moi continue de s’accroitre tandis qu’un arrière gout de solidarité, fraternité non désagréable se fait seule amertume de bon signe.

« Je vais aller demander si elle a été reçue ; vous devriez rester ici au cas ou vous la croiseriez…non ? »

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MessageSujet: Re: Se trouver des points communs dans le chaos, une bonne chose? [Pv : Eric]   Lun 16 Jan - 21:16

C’était le maire à ce que j’avais compris.
Mais il me semblait parfois être un peu à l’ouest lui aussi.
Puis après tout j’en avais plus rien à foutre de tout ce binz.

J’étais moins hagard qu’il n’y paraissait vous savez.
Mes idées étaient on ne peut plus claires et pouvaient se résumer en une seule : retrouver Kate.
Si je donnais l’impression de perdition c’était tout simplement que mes neurones peinaient à tout organiser avant que je ne m’exprime.

Aussi je répondis à sa question par le nom de ma disparue.
Il avait l’air doté d’une intelligence normale donc je ne me faisais pas de soucis pour qu’il fasse de lui-même la correction, ce qui toutefois ne lui donnerait pas mon patronyme.

Jusqu’alors il manifestait une attention à mon égard proche de celle que l’on accorde à une personne sénile.
Intentionnée un rien paternaliste désabusé.
Mais la révélation que je venais de faire, lapsus involontaire de ma part, agit sur lui comme un électrochoc.
Il en bégaya un « comment » comme si il venait de subir le choc de sa vie.
Un instant il resta figé, puis un soupir s’échappa de sa bouche, comme l’expression d’une certaine impuissance, la manifestation d’un grand n’importe quoi tout d’un coup révélé de manière inattendue.

Soupir genre « j’avais vraiment pas besoin de ça en ce moment ».

Et moi alors…à quelques mois de notre union…
Je réalisais que je me tenais devant celui qui serait sans doute celui qui recueillerait nos consentements.
La situation prenait un tour cocasse, un rien morbide, car c’est peut être son acte de décès qu’il aurait à enregistrer.

J’en étais là de mon tour d’horizon, me reconnectant à ma réalité grâce au délire de l’homme-lige de Vérone.
Car bien sûr comme il ne m’écoutait pas, puisque pour lui j’étais à la limite de l’indigence cérébrale, il ne pouvait se souvenir que je faisais depuis le début de notre rencontre ce qu’il croyait judicieux de me proposer, attendre ici son éventuelle, hypothétique, mais ô combien espérée arrivée.

« Vous savez je doute fort qu’ils aient eu le temps de noter l’identité de tous ceux qui viennent d’être accueillis…le recensement ils le feront après…ne leur faite pas perdre leur temps inutilement…et attendre c’est que je fais…je vous le dis depuis le début…»

C’était évident qu’ils avaient d’autres chats à fouetter.
Je réalisais qu’il pouvait prendre ma remarque assez mal, mais je n’avais pas non plus envie de jouer les diplomates.
Même si maintenant je faisais le lien entre Elu par le peuple et Elu du Manoir. Il ne m’avait pas reconnu et du coup je n’avais pas plus envie que cela de lui révéler mon identité.
Pas la peine d’en rajouter une couche, il avait pris un sacré coup en apprenant la quasi disparition de Kate, car le nom d’Ambrosio, il connaissait.

« Dites-moi Monsieur le Maire.
Vous accepteriez de nous unir Kate et moi.
Je préférerais que cela soit vous qui officie plutôt qu'un de vos adjoints…et puis par égard pour son Oncle également… »


Tiens du coup je retrouvais un peu le moral et je portais un regard plein de sympathie à mon compère de galère.

« Vous ne m’avez pas répondu...vous avez un proche qui a été blessé ou vous êtes déjà en campagne… ? »



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MessageSujet: Re: Se trouver des points communs dans le chaos, une bonne chose? [Pv : Eric]   Ven 20 Jan - 10:22

Non, il a raison, comment peuvent ils faire pour inscrire toutes les personnes qui viennent d’arriver en sang dans leurs locaux ? Je suis totalement stupide ; on simplement naïf pensant qu’un médecin plus magicien qu’autre chose réussi à noter le nom de tous les admis…
Fichtre, je me demande si ce n’est pas un gros coup sur la tête plutôt qu’une balle dans le bras que j’ai si violemment reçu !
Sérieusement, je ne réalise pas. Je ne peux pas. Si j’ose ouvrir les yeux sur ce qu’il vient de se passer, sur ce qu’est en train de vivre Vérone, ma ville ! Je ne tiendrais pas le coup, je vais y passer en fait…
Pas besoin de me foutre une balle dans le cœur, pas besoin de m’exploser la tête je vais crever et rendre l’âme car ce poids, cette responsabilité, cette culpabilité qui grandit plus encore depuis que je discute – ou essaye de discuter – avec cet homme et l’image de Samantha allongée dans ce lit avec si peu de vie…C’est trop. Trop pour un seul homme non ?
Arrogant, prétentieux, égocentrique, confiant…oui, oui…quand il est judicieux et hypocrite de l’être !

« Oui je…Pardon. Vous avez raison…il n’y a plus qu’à attendre. »

Tu parles d’une consolation, d’un soutien. M’enfin il est bien gentil mais qu’est ce que je peux faire de plus pour ce pauvre type moi ? Rien, il n’y a rien que je puisse faire et sincèrement ceci rajoute au poids lourd, trop lourd que je porte une touche de culpabilité conséquente ;
Kate bordel de dieu… Si les attentats sont une réponse à une offense que j’ai pu faire à je ne sais quel fou, les Ambrosio risquent de se charger de moi à leur façon ; surtout si Kate est…Merde c’est impossible !

«Bien sur mon vieux…Bien sur. »
Je replace ma main sur son épaule que je serre solidement en acquiesçant, un air prometteur au visage. « Venez me voir dès qu’elle ira mieux ; afin de me donner votre date et je vous promets que je serais celui qui vous unira… »

Je lui offre un léger sourire ; face à tend de paradoxe, de ridicule, de décalage entre nos remarques…mais je lui offre ce sourire et cette promesse. Je les lui offre car ce type – que je crois toujours n’avoir jamais vu – le mérite. Qu’importe ce qui me fait dire ça, je ne sais quels sont les détails qui me mettent sur la voie de la confiance mais les faits sont là : je le soutiendrais, lui et Kate, pourvu qu’elle s’en sorte !...


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MessageSujet: Re: Se trouver des points communs dans le chaos, une bonne chose? [Pv : Eric]   Mar 31 Jan - 21:37

Honnêtement je n’irais pas jusque dire que ce brave Maire m’est d’un précieux concours par son soutien verbal.
De ce coté là il est plutôt stéréotypé.
Bon je reconnais volontiers que dans ces circonstances il y a peu de choses à dire, surtout à un individu que l’on ne connaît pas.

Mais l’inconnu que je suis est le futur de Kate Ambrosio et ça il l’a bien compris, mais cela ne change pas grand-chose à sa dialectique.
Par contre de discuter, enfin monologuer plutôt avec lui m’a permis de passer ce cap difficile de la solitude dans le désarroi, et ça c’est tout simplement merveilleux.

Par contre lui semble toujours perdu, déchiré entre sa blessure personnelle et celle plus politique de maire.
Doublement touché, sans trouver de réconfort avec les gens qu’il rencontre.

« Merci...ça compte beaucoup pour moi de savoir que cela sera vous qui recueillerez nos consentements… »

Sa main est compatissante mais je suis persuadé que de nous deux désormais c’est lui qui a le plus besoin de soutien.
Il refuse de se laisser aller à ce qu’il considérerait comme de la faiblesse ou quoi ? Tout ça parce qu’il est Maire.
Il ne peut pas tout porter sur ses épaules non plus.
Mais les gens sont ainsi faits qu’il leur faut un responsable immédiatement, un coupable légitime ou non, pour pouvoir déverser leur colère devant l’insupportable.

« Vous pouvez me parlez vous savez…il n’y a plus de statuts ici, plus de protocole...juste de la souffrance et la garder pour soi n’arrange pas les choses. »

Les ambulances se faisaient moins fréquentes.
Cela ne voulait pas dire que tous les blessés avaient été rapatriés ici. Simplement que les plus accessibles avaient bénéficiés des premiers secours.
Maintenant les pompiers allaient être confrontés aux décombres, aux ruines avec tout ce que cela comportait de difficultés, de déception et de cruauté.
Beaucoup d’efforts pour beaucoup d’horreur.

D’ici je ne ratais rien des arrivées et puis je croyais en mon sixième sens.
Je ne pouvais pas l’avoir aimé comme je l’avais aimé pour ne pas vibrer lorsqu’elle serait proche de moi.
Mais bordel que l’attente était longue.

« Alors, vous ne m’avez pas toujours dit pour qui vous souffriez…et arrêtez de vous planquer derrière des artifices, vous comme moi savons très bien que ce n’est qu’une fuite…lâchez vous mon vieux, vous verrez ça ira mieux après… »

Je le regardais, son regard errant vers je ne sais quoi, difficile à porter pour un seul homme.
Puis je me souvenais qu’il avait insisté sur le « Monsieur » lors d’un précédent commentaire.

Assis à coté de lui, je lui présentais ma main largement ouverte…

« Je m’appelle Eric Mattesson…je pense que mon nom ne vous est pas inconnu…je suis ravi de vous avoir à mes cotés en ce moment pénible monsieur Belosi.»

Oui plus de statuts, de protocole ou de préséance.
Rien que deux paumés qui tentaient de ne pas trop sombrer.

« Alors elle s’appelle comment… »




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MessageSujet: Re: Se trouver des points communs dans le chaos, une bonne chose? [Pv : Eric]   Mer 8 Fév - 14:54

je ne comprends plus la moitié de ce qu’il me raconte. D’ailleurs je ne sais pas si j’ai déjà compris davantage ;
j’ai l’impression que ce grand homme parle très peu depuis que l’on s’est mit à avoir un semblant de discussion, mais voilà que sa voix grave et puissante résonne dans ma tête comme s’il se mettait à parler plus qu’il ne l’a jamais fait.
Ah, ces étranges pressentiments et autres suppositions faussées que l’esprit nous soufflent, qui nous contraignent à mettre en place diverses conclusions avec hâte et faute.

Je fronce les sourcils, secoue lentement la tête comme si les informations que j’ai reçu à l’instant pouvaient ainsi se ranger, s’ordonner puis je le regarde à nouveau.
J’accepte cette histoire de mariage ; et pas seulement pour lui faire plaisir même s’il semblerait que cela lui convienne. J’accepte parce que son histoire me touche, parce que je n’ai pas besoin de le connaitre pour comprendre que ce type est un gars entier, sincère et le plus important : amoureux.
Je serais ravi de pouvoir le marier, les marier. Lui et la femme de sa vie. Oui je serais ravi, que les pompiers la retrouvent et la mettent hors de dangers…

« Je ne garde rien pour moi ! »

A nouveau je secoue la tête, pas certain de ce que je viens de dire. Ou plutôt, pas certain des raisons qui me poussent à articuler ceci.
L’inconnu voudrait que je parle ? Croit-il que c’est avec jalousie et avarie que je garde ces maux pour moi ? Je ne sais simplement pas me confier. Je ne sais parler qu’en étant le maire de Vérone, je ne sais pas faire dans d’autres circonstances…Seule Chiara m’arrache quelques intimes formules et encore, je me demande ce qu’elle en comprend !

Je l’ignore. Cela vaut mieux. C’est ainsi que je me soulage de ces douleurs et autres cauchemars qui naviguent en secousse dans mes pensées.
Je l’ignore, j’ignore tout ce qui m’entoure et ferme presque les yeux pour me laisser cajoler par le brin d’espoir qui peut encore exister ;
Mais il est là. Il est toujours là. Il est présent et me parait moins fermé qu’avant. Comme si cela faisait assez longtemps que je lui parle pour savoir ce qu’il est réellement…Je prends néanmoins sa main fermement et hoche la tête avec un sourire nerveux aux lèvres.

« Effectivement…Monsieur Mattesson, si le contexte n’était pas si chaotique je vous promets que je serais enchanté… »

Mes mains se serrent, se croisent, s’enlacent puis se déchirent. Reprennent leur torture entre elles, glissent sur mon pantalon puis se dirigent en vitesse dans mes poches pour tenter de rester enfin immobiles.
Je n’ose pas vraiment le regarder. Je commence par me mordre la lèvre puis je hausse les épaules. Ne suis-je pas foutu de prononcer son prénom ?
J’ai tant l’impression de parler de quelqu’un qui a disparu à jamais…

« Ce…c’est Samantha. Son prénom. »

Sans doute l’a-t-il déjà croisée, mais de là à savoir qui elle est, ça m’étonnerait ! De plus Sam est une cliente du manoir, à l’heure qu’il est. Sans doute cet Eric connait-il mieux les employées que les riches femmes mariées se baladant au manoir.


Hj : pardon pour le retard *-*

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MessageSujet: Re: Se trouver des points communs dans le chaos, une bonne chose? [Pv : Eric]   Sam 3 Mar - 23:57

Il est pas folichon tout de même.

Il répond mécaniquement, certainement sans trop savoir à qui et à quoi, mais sans trop être hors sujet.
Seul son ton permet de se rendre compte de son égarement, de ses préoccupations personnelles, car nul doute qu’il oscille sans arrêt avec la réalité et sa réalité.

La réalité c’est ce drame, ce crime qui vient d’être perpétré contre les habitants de Vérone.
Peu importe qui était visé, ce sont des innocents qui ont payé.
Et lui c’est le Maire, la référence Véronaise en matière de bien être des administrés, ses administrés.
Cela se ressent dans son désespoir, dans l’incompréhension des événements, dans l’impossibilité qui est la sienne de faire plus pour soulager la souffrance qui est partout désormais.

Sa réalité est sans doute comme la mienne, bien que jusque maintenant il n’en ait pas fait état.
Mais il a ce comportement de celui qui souffre dans sa chair, ce hagardisme propre à ceux que la vie à anéanti.
Il a deux chaos dans sa tête et je comprends sa difficulté à fonctionner correctement.
Il m’a fait illusion le temps ou j’étais dans la même sphère que lui mais j’en suis redescendu, peut être grâce à lui d’ailleurs.

Parfois un tout petit rien suffit à tout faire basculer, à tout réajuster.

Comme une poignée de main.
Qui semble le sortir de sa bulle protectionniste, lui faire toucher du doigt qu’ il garde pour lui sa souffrance, et qu’il sait très bien qu’il me répond à coté de la plaque.
Mais si ce chaos n’avait pas eu lieu monsieur le Maire….
Une poignée de main vite consommée, une main qui rejoint l’autre, la tord, la triture, puis ne faisant plus qu’une disparaît, croyant ainsi cacher le personnage tout entier.

Un comportement de coupable, de quelqu’un qui s’en veut, qui croit que tout le monde le voit en criminel et le rend responsable de leur malheur.

Et puis enfin, après un bégaiement, un prénom est lâché.
Une femme.
Bien souvent il faut chercher la femme pour percer le tourment des hommes.
Samantha.

« Vous l’aimez…vous savez ou elle est, ce qui lui est arrivée… »

A mon tour d’être démuni devant son effarement, de ne pas savoir quoi dire.

« Kate et Samantha…Samantha et Kate… » fredonnais-je pour conjurer le sort.

Ce prénom ne m’était pas inconnu.
Il ne devait pas y avoir qu’une seule Samantha à Vérone.
Mais ce n’était pas impossible non plus puisque je savais que mon interlocuteur…donc silence complet sur ce sujet, tel était la règle.

« Ce sont des moments difficiles…l’incertitude…notre fragilité...la connerie humaine…et puis si l’issue n’est pas favorable il y aura toujours un con pour vous dire d’être fort…c’est quoi la force dans ce cas…se cacher…ne pas montrer qu’on est totalement anéanti…vaste foutaise oui…pourquoi toujours jouer un rôle, pourquoi toujours mentir…vous savez vous ? »








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Se trouver des points communs dans le chaos, une bonne chose? [Pv : Eric]

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